L’UE et l’OTAN gardent les pays de l’Est à distance
Posté par Kris Roman le décembre 6, 2008
Hier 3 décembre, les responsables de l’OTAN ont réaffirmé que l’Ukraine et la Géorgie finiraient par rejoindre l’alliance militaire, mais ils se sont toutefois retenus de leur offrir une feuille de route concrète en vue de l’adhésion. De son côté, la Commission européenne a proposé un nouveau « partenariat » avec ses voisins de l’Est, sans pour autant formuler d’engagement d’adhésion pour l’instant.
La proposition de partenariat oriental formulée par la Commission européenne a en fait été largement éclipsée par la réunion ministérielle parallèle qui s’est tenue à l’OTAN. Celle-ci a été suivie de bien plus près par les médias géorgiens, ukrainiens et occidentaux.
Selon des sources diplomatiques, les Etats-Unis avaient mené une offensive diplomatique parmi les capitales des pays membres européens de l’OTAN, exhortant leurs alliés à offrir à la Géorgie et à l’Ukraine une adhésion facilitée à l’Alliance.
La Russie crie victoire
Même si cette tentative n’a pas été un succès total, les ministres de l’OTAN ont décidé de relancer les commissions OTAN-Ukraine et OTAN-Géorgie existantes. Dans ces deux pays, la démarche a été saluée comme un plan d’action de facto pour rejoindre l’Alliance.
De son côté, la Russie pourrait elle aussi crier victoire. Dmitri Rogozine, l’ambassadeur russe auprès de l’OTAN, a indiqué hier qu’il y a une fracture ouverte au sein de l’OTAN, et que celle-ci s’aggravera si l’OTAN essaie de poursuivre son élargissement.
Mardi soir, les ministres de l’OTAN ont décidé de reprendre le dialogue dans le cadre des formules UE-Russie établies. Les pourparlers avaient en effet été interrompus suite à la crise géorgienne. Quelques heures plus tôt, l’UE a décidé de reprendre les négociations avec Moscou sur un nouveau traité fondamental en dépit de la confirmation de l’opposition lituanienne à ce propos.
Ce qui se cache derrière un nom
Le Premier ministre géorgien Grigol Mgaloblishvili a déclaré lundi à Bruxelles que certains parents dans son pays avaient même appelé leur enfant « MAP », d’après le Plan d’action pour l’adhésion (MAP en anglais) à l’OTAN si prisé. L’Ukraine et la Géorgie s’étaient vu refuser le statut de MAP lors du dernier sommet de l’OTAN à Bucarest suite à l’opposition des poids lourds européens comme l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Belgique.
Un diplomate européen de haut rang présent lors de l’événement s’est étonné du fait qu’aucun couple géorgien ne semblait envisager d’appeler son enfant « PEV » (Politique européenne de voisinage). Mais ce sont précisément les défauts de la PEV qui ont poussé l’UE à soutenir le partenariat oriental présenté hier par la Commission sur ordre du sommet européen de juin.