Par Tatiana Sinitsyna, RIA Novosti European Friends of Russia Téhéran. 11 février 1829. Une foule effrénée de Perses fanatiques dévaste et pille la mission diplomatique russe. Les 37 personnes qui y travaillent sont atrocement mutilées, un seul réussit à se sauver. La foule a littéralement explosé en apprenant que deux femmes chrétiennes, une Géorgienne et une Arménienne, se sont réfugiées dans les murs de la mission russe. “Le drapeau russe vous protégera”, leur avait assuré l’ambassadeur, Alexandre Griboïedov, 34 ans. Après avoir passé son uniforme de parade, celui-ci apparait devant la foule: “Ressaisissez-vous, sur qui portez-vous la main? C’est la Russie qui se trouve devant vous!”. Mais il est aussitôt mis à terre.Alexandre Griboïedov avait pour mission de réclamer à Téhéran une indemnité de guerre et d’exiger le rapatriement des prisonniers russes. Son intransigeance lui fut fatale.Ainsi disparut l’un des auteurs les plus brillants de sa génération, ouvrant une époque à la fois faste et sombre pour la culture russe, qui allait perdre en douze ans, avec Alexandre Pouchkine et Michel Lermontov (morts des suites de duels en 1837 et 1841), trois écrivains et poètes qui, par la force de leur oeuvre et le sacrifice de leur génie, ont véritablement lancé l’âge d’or de la littérature russe.Le corps de l’ambassadeur fit l’objet d’une abominable profanation. Il fut traîné sur les pavés, et sa dépouille jetée sur un tas d’ordures et couverte de chaux. Le cadavre du diplomate, compositeur et écrivain ne put être identifié que grâce à une mutilation qu’il avait à la main, souvenir d’un duel. On posa le cercueil sur un corbillard tiré par des mulets, qui l’emporta vers la frontière russe. Pouchkine, qui voyageait alors au Caucase, croisa ce chariot funéraire au détour d’un chemin de montagne…”Je suis jeune, je tombe facilement amoureux, je suis musicien, poète… Bref, il est impossible que je me sacrifie sans une contrepartie un tant soit peu convenable…”, avait écrit Griboïedov dans une lettre à un ami en mai 1818, après avoir enfilé pour la première fois son habit de diplomate. C’est le fameux diamant Shah, envoyé à Saint-Pétersbourg par le shah de Perse, qui constitua cette “contrepartie convenable” pour l’assassinat de l’ambassadeur russe. Ce diamant fut dès lors qualifié de “sanglant”. Cette pierre, d’une beauté rare (90 carats, 18 grammes, 3 cm de longueur, couleur jaune, d’une extrême clarté), avait été transmise pendant près de mille ans d’un roi à l’autre, comme en témoignent les inscriptions gravées sur ses facettes. A l’heure actuelle, le diamant est conservé au Fonds diamantaire de Russie (au Kremlin de Moscou).Alexandre Griboïedov laissa à la culture russe deux belles valses et une oeuvre littéraire immortelle, la comédie “Du malheur d’avoir de l’esprit”, l’une des pièces les plus étonnantes de la littérature russe. D’innombrables citations tirées de cette oeuvre sont rentrées dans le langage quotidien et devenues des proverbes ou des aphorismes (comme par exemple “Je serai heureux de servir; ce qui me répugne, c’est d’être asservi”, “Ce que nous avons le plus à redouter, c’est la colère des maîtres et aussi leur affection”, “Tout est toujours mieux là ou l’on est pas”, ou encore “Les gens heureux ne regardent jamais l’heure”). Les personnages de cette comédie incarnent des archétypes que l’on croise encore de nos jours dans la société russe.Alexandre Griboïedov naît en 1795 à Moscou, dans une vieille famille aristocratique jalousement attachée à l’esprit patriarcal. Plusieurs de ses parents serviront de modèles pour ses personnages satiriques. Le jeune homme, particulièrement doué, entre très tôt à l’Université de Moscou. Il y fait ses études en même temps dans trois facultés différentes: lettres, droit et physique et mathématiques. L’esprit de liberté et d’idéaux nouveaux qui règne dans l’établissement trouve un parfait écho dans la nature du jeune homme. Il se tourne vers la littérature, compose des vers et des comédies, mais également des articles polémiques.Maîtrisant six langues étrangères à la sortie de l’université, Griboïedov souhaite se consacrer à la science. Mais le destin en décide autrement: le jeune homme entre au Collège des Affaires étrangères, qui l’envoie au Caucase, où la guerre fait rage à l’époque.Devenu secrétaire de la Mission russe en Perse, le diplomate commence à rédiger “Du malheur d’avoir de l’esprit”. “J’avais du temps en abondance”, expliquera-t-il par la suite à ses amis. Il se laisse prendre au jeu de la rédaction de cette comédie, et sa plume se fait particulièrement légère. En 1824, on lit déjà cette oeuvre brillante dans les salons moscovites et pétersbourgeois. Des copies du manuscrit sont rapidement diffusées, conférant à l’auteur une célébrité inouïe.Il reste alors à Alexandre Griboïedov cinq ans à vivre. Il joue un grand rôle dans la préparation et la conclusion, en 1828, de la Paix de Turkmantchaï avec la Perse, dont les conditions sont très avantageuses pour la Russie. En guise de récompense, le tsar lui accorde le titre de ministre plénipotentiaire, c’est-à-dire d’ambassadeur, en Perse. Brillant diplomate, charmant et plein d’esprit, possédant un don pour la persuasion et inspirant la confiance: tel est le portrait que ses contemporains ont dressé de lui.Cependant, ce brillant cavalier se montre plutôt sceptique envers le sexe faible. Ses amis et parents se disent même certains qu’il ne se mariera jamais, faute de pouvoir trouver une femme qui puisse supporter sa nature ironique et caustique. Néanmoins, à l’âge de 33 ans, Griboïedov tombe fou amoureux de la princesse Nina Tchavtchavadzé, 15 ans, fille de son ami de Tiflis (aujourd’hui Tbilissi), le prince et poète géorgien Alexandre Tchavtchavadzé. Le mariage sera prompt mais heureux.Au début de l’année 1829, accompagné de sa jeune épouse enceinte, Griboïedov se met en route pour la Perse. Il laisse Nina temporairement à Tabriz, à la frontière, pour aller seul à Téhéran, où l’attend son destin tragique…Nina, anéantie par la nouvelle de la mort de son époux, accoucha avant terme. L’enfant, aussitôt baptisé Alexandre, en l’honneur de son père, ne survécut pas. La veuve âgée de 16 ans, dont la beauté fut souvent comparée à celle de Natalia Pouchkina, l’épouse de Pouchkine, fit voeu de célibat et pleura cette perte durant le reste de sa vie. Nina Griboïedova vécut 53 ans. Tous les jours, elle parcourut le chemin accidenté qui mène au mont Mtatsminda, où, dans un petit temple aménagé devant l’église Saint-David, reposaient son mari et son enfant. Nina fit construire une chapelle au-dessus de la tombe et y fit ériger la statue d’une femme en larmes la représentant. Sur la tombe, on peut lire cette inscription: “Ton esprit et tes actes sont immortels dans la mémoire russe; mais pourquoi mon amour t’a-t-il survécu?…”.
Archives pour février 2008
Alexandre Griboïedov ou le génie sacrifié
Posté par Kris Roman le février 29, 2008
Publié dans Histoire | Laisser un commentaire »
Gazprom et l’allemand E.ON construiront une centrale électrique en Allemagne
Posté par Kris Roman le février 29, 2008
Gazprom et l’allemand E.ON construiront une centrale de 1.200 MW en Allemagne, ont rapporté les deux sociétés dans un communiqué vendredi.Une coentreprise paritaire sera instituée en vue de réaliser le projet, précise le document.”Aujourd’hui à Düsseldorf OAO Gazprom et E.ON AG ont signé un mémorandum de compréhension sur la construction et l’exploitation en commun d’une centrale à turbine à gaz à Lubmin”, rappelle le communiqué. Lumbin est situé non loin de l’entrée sur le territoire allemand du futur gazoduc Nord Stream, par lequel cette centrale sera alimentée.
Publié dans économie & écologie | Laisser un commentaire »
Washington prêt à appuyer les aspirations euro-atlantiques du Kosovo
Posté par Kris Roman le février 28, 2008
European Friends of Serbia http://efserbia.wordpress.com/ Le Sénat américain a été saisi lundi d’un projet de résolution proposant de soutenir l’intégration progressive du Kosovo indépendant dans les structures euro-atlantiques.Déposé à la commission des Affaires étrangères du Sénat, le texte en question rappelle que l’OTAN a mené des opérations militaires contre l’ex-Yougoslavie pour établir “une paix durable” au Kosovo.”Les Etats-Unis ont diplomatiquement reconnu l’indépendance du Kosovo, et ils doivent donc appuyer l’intégration du Kosovo dans les structures euro-atlantiques”, précise le document.Le projet de résolution propose par ailleurs d’appuyer l’invitation d’adhésion à l’OTAN qui sera faite à l’Albanie, à la Croatie et à la Macédoine lors du sommet de l’Alliance atlantique en avril 2008 à Bucarest.”L’Albanie, la Croatie et la Macédoine peuvent jouer un rôle majeur dans les actions déployées par l’OTAN en Europe du Sud-Est, grâce à leur situation géostratégique exceptionnelle, en minant les efforts d’autrui visant à déstabiliser la région par la violence”, lit-on dans le document.
Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire »
Projets nationaux en Russie: les tâches majeures sont réalisées (Poutine)
Posté par Kris Roman le février 28, 2008
Toutes les tâches principales dans le cadre des projets nationaux sont réalisées, a déclaré le président russe Vladimir Poutine.”La majorité écrasante des tâches fixées dans les projets sont remplies”, a-t-il affirmé jeudi, faisant le bilan de la réalisation des projets nationaux.Selon lui, les travaux effectués ont également impulsé des secteurs non concernés par ces projets, tels que la science et les hautes technologies.Le président a souligné que les projets nationaux n’avaient pas permis de résoudre qu’une série de problèmes sociaux et économiques.”Grâce à ces efforts, le pouvoir a retrouvé la confiance de la population et ce, sur les questions fondamentales de la vie de notre société”, a constaté le chef de l’Etat russe.
Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire »
Ukraine-OTAN: le président refuse la tenue d’un référendum
Posté par Kris Roman le février 28, 2008
Il n’est pas opportun de tenir un référendum sur l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN comme le veut l’opposition, a déclaré Viktor Iouchtchenko au Forum international “L’Europe et l’Ukraine” à Kiev.”Aucune invitation ne nous est adressée pour l’instant, donc toute consultation populaire serait déraisonnable”, a précisé le chef de l’Etat avant d’ajouter que 97% des Ukrainiens ne sont pas informés des buts ni des objectifs de l’Alliance atlantique.
Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire »
Défense: mise en service prochaine d’un radar russe de pré-alerte
Posté par Kris Roman le février 28, 2008
La construction dans les environs de Saint-Pétersbourg d’un radar russe de pré-alerte est achevée et il devrait être testé prochainement, a annoncé jeudi Nikolaï Abroskine, directeur de Spetsstroi, promoteur du projet.”Le radar de pré-alerte situé dans le village de Lekhtoussi est terminé et devrait entrer en service opérationnel expérimental prochainement. En outre, les travaux menés sur le radar d’Armavir se poursuivent. Les fondations ont été achevées et les antennes sont en cours d’installation”, a-t-il déclaré.L’Agence fédérale de constructions spéciales (Spetsstroï) est chargée de l’édification des sites gouvernementaux d’importance stratégique.
Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire »
Les réserves de change russes progressent de 2,6 mds de dollars à 483,9 mds
Posté par Kris Roman le février 28, 2008
Les réserves de change russes s’élevaient le 22 février dernier à 483,9 milliards de dollars, contre 481,3 milliards le 15 février, a annoncé jeudi le département des relations extérieures de la Banque internationale de Russie.
Publié dans économie & écologie | Laisser un commentaire »
Participation de la Hongrie à South Stream: officialisation dans la journée (Kremlin)
Posté par Kris Roman le février 28, 2008
Le président russe Vladimir Poutine et le premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany signeront jeudi l’accord officiel de participation de Budapest au projet de gazoduc South Stream. ”La signature d’un accord intergouvernemental de coopération en vue de la création d’un gazoduc traversant le territoire hongrois est prévue. Ceci permettra d’associer Budapest au projet South Stream”, a déclaré l’interlocuteur de l’agence.South Stream, qui devrait entrer en service en 2013, est un gazoduc en projet qui devrait relier la Russie à l’Italie en traversant la mer Noire, la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et l’Autriche. Il entrera vraisemblablement en concurrence avec le projet de gazoduc Nabucco, activement promu par les Etats-Unis, qui devrait ouvrir l’accès aux gisements de gaz de la mer Caspienne en contournant la Russie.South Stream est un co-projet du gréant russe Gazprom et de la compagnie italienne Eni. Des accords de construction ont déjà été signés avec la Serbie et la Hongrie.Le projet a été examiné avec les dirigeants hongrois début décembre 2007 lors d’une visite du premier ministre russe Viktor Zoubkov à Budapest.Une entreprise conjointe sera créée sur des bases paritaires entre la Russie et la Hongrie. La capacité du projet devrait atteindre 10 milliards de mètres cube par an. Un entrepôt de gaz naturel d’une capacité d’un milliard de mètres cube devrait également voir le jour.Entre 10 et 14 milliards de dollars seront investis dans ce projet, dont 1,5 milliard par la Hongrie.Malgré la signature des accords concernant South Stream, la Hongrie est candidate au projet de gazoduc Nabucco, les dirigeants hongrois estimant que les deux projets sont compatibles.
Publié dans économie & écologie | Laisser un commentaire »
Soldat de bronze: accord russo-letton sur la protection des sépultures militaires
Posté par Kris Roman le février 28, 2008
La Commission des affaires étrangères du parlement letton a adopté mercredi à l’unanimité un accord avec la Russie sur la protection mutuelle des sépultures militaires, a annoncé le service de presse du parlement.Environ 150.000 soldats soviétiques sont enterrés sur le territoire letton. 109 citoyens lettons, dont des soldats et des victimes de la répression après 1940, sont enterrés en Russie.L’accord définit les obligations mutuelles des deux pays afin de maintenir dans un état décent les sépultures de citoyens étrangers se trouvant sur leur territoire et d’assurer l’entretien des cimetières.L’idée d’un tel accord est apparue après le scandale autour du “Soldat de bronze”, le monument au Soldat-libérateur à Tallinn.Fin avril dernier, sur décision des autorités, ce monument a été transféré de la colline Tonismagi au cimetière militaire de Tallinn.Cette démarche des autorités a provoqué des troubles massifs en Estonie au cours desquels au moins 160 personnes ont été blessées et un citoyen russe est mort. 29 policiers ont également subi des traumatismes. Quelque 1.200 personnes ont été interpellées au cours de ces désordres publics.
Publié dans Histoire | Laisser un commentaire »
RUSSIE-BULGARIE: FRATERNITÉ SPIRITUELLE ET INTÉRÊT ÉCONOMIQUE
Posté par Kris Roman le février 17, 2008
Par Andreï Vavra, RIA NovostiLa Bulgarie est le dernier pays où Vladimir Poutine se rend en visite officielle en qualité de président (pour l’instant, aucune autre visite n’a été annoncée). Comme si le président russe avait programmé ses actions les plus importantes dans l’arène internationale pour la fin de son mandat… Par conséquent, cette visite ferait un accord final très efficace de la politique de Vladimir Poutine.
Le “pragmatisme” est le mot clé de cette visite. Certes, un rôle important est joué par les composantes humanitaire, culturelle et spirituelle: liens historiques séculaires, sympathies réciproques, “fraternité slave”, souvenirs touchants de la période du COMECON, lorsque la Bulgarie fournissait la Russie en légumes, en fruits et en tabac. A cette époque-là, les voyages touristiques en Bulgarie étaient presque, pour les Soviétiques, l’unique fenêtre sur l’Europe. Cette nostalgie se maintient, malgré une certaine stagnation dans les rapports russo-bulgares du début des années 90 jusqu’au milieu des années 2000. Cependant, cette visite peut montrer que les sympathies réciproques et la “fraternité slave”, mises à la base de contacts économiques mutuellement avantageux, assureront leur fiabilité et leur efficacité croissantes.
La Bulgarie est aujourd’hui extrêmement importante pour la Russie. C’est pour cette raison que Moscou passe outre à son adhésion à l’OTAN. En fait, elle est la clé de la coopération énergétique russo-européenne. C’est par ce pays que la Russie accède directement au marché de l’Europe centrale et du Sud. Combiné avec le gazoduc nord-européen (Nord Stream), cela assurera à la Russie une liberté d’actions maximale en tant que fournisseur de ressources énergétiques à l’Europe.
Grâce à son entente avec la Bulgarie, la Russie diminuera substantiellement sa dépendance vis-à-vis de l’Ukraine (et de la Biélorussie) en matière de livraisons régulières de ressources énergétiques à l’Europe. Elle assurera ce que Vladimir Poutine a qualifié, dans son article publié à l’occasion de sa visite en Bulgarie, de “diversification des itinéraires des livraisons énergétiques” et “d’introduction de nouveaux schémas de garantie”. La Russie pourra lever ainsi toutes les accusations selon lesquelles elle ne serait pas un partenaire suffisamment fiable dans le secteur énergétique (accusations qui sont apparues lorsque la régularité des livraisons dépendait directement des ententes avec les pays assurant le transit).
Deux accords ont été élaborés en vue d’être signés au cours de cette visite. Le premier porte sur la création d’une société internationale chargée de construire et d’exploiter le pipeline Bourgas-Alexandroupolis en voie de réalisation par les deux pays conjointement avec la Grèce. Cet oléoduc permettra d’acheminer du pétrole russe en Europe du Sud en évitant le Bosphore turc, dont l’engorgement crée de graves menaces sur le plan écologique.
L’autre document est l’accord sur le lancement de la construction de la centrale nucléaire de Belene. Le russe Atomstroïproïekt qui a remporté l’appel d’offres le 31 octobre 2006 doit y installer deux réacteurs. La mise en oeuvre du contrat fera de la Bulgarie, au début de la prochaine décennie, un des principaux exportateurs européens d’énergie électrique (aujourd’hui, sa production d’énergie électrique lui suffit à peine pour satisfaire ses besoins intérieurs). Quant à la Russie, elle intervient, par l’intermédiaire de son secteur nucléaire, sur le marché européen.
A la veille de la visite, le sort du troisième projet économique – celui de South Stream – a suscité quelques appréhensions. Fin novembre 2007, Gazprom et la société italienne Eni se sont entendus pour créer une coentreprise chargée d’établir le projet de ce gazoduc. Son secteur maritime d’une longueur d’environ 900 km passera par le fond de la mer Noire et reliera le littoral russe au littoral bulgare.
La réalisation de ce projet portera un sérieux coup à l’intérêt que représente le projet de Nabucco, qui fait l’objet d’un puissant lobbying américain et prévoit l’acheminent de ressources énergétiques en Europe en contournant la Russie. La construction de ce gazoduc partant de la région de la Caspienne et reliant l’Autriche par le territoire de la Turquie est prévue pour 2011.
Malgré toutes les difficultés, ce document très important a été signé. Dmitri Medvedev a déclaré: “Ce qui est très important, c’est que les deux parties ont fait preuve d’une volonté d’accepter des compromis et que le projet élaboré traduit l’équilibre des intérêts et permet de faire avancer ce sujet complexe”.
La Russie est également très importante pour la Bulgarie. Cependant, en ce moment, parmi les membres de l’Union européenne, cette dernière est un des pays les plus en retard. Si elle avait suivi une voie de développement inertielle, elle aurait probablement attendu encore très longtemps avant que les “vieux” européens ne la considèrent comme une des leurs.
Mais, la Bulgarie est un pays d’une extrême importance en raison de sa position géographique. De même que la Roumanie, elle ferme l’anneau des pays de l’OTAN situés autour des Balkans toujours en proie à quelques soubresauts et qui n’ont pas encore emprunté la voie de l’intégration européenne.
La Bulgarie a une valeur géopolitique exceptionnelle en tant qu’Etat de transit. En misant sur ce potentiel – en signant l’accord avec la Russie – elle devient un membre très important de l’Union européenne, un membre ayant voix au chapitre.
Conscients de cet intéressement mutuel exceptionnel, nos partenaires bulgares ont été, il faut bien le reconnaître, des négociateurs assez difficiles. Il était important de respecter les intérêts mutuels, sans toutefois trop céder.
Apparemment, c’est ce qu’ils ont finalement réussi à faire.
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l’auteur.
Publié dans Russie & Bulgarie | Laisser un commentaire »
L’AN 8 DE VLADIMIR POUTINE
Posté par Kris Roman le février 17, 2008

Par Andreï Vavra, RIA Novosti http://fr.rian.ru/analysis/20080211/98957532.html
Le discours prononcé le 8 février par Vladimir Poutine lors d’une réunion du Conseil d’Etat peut être considéré comme un adieu, comme l’achèvement d’une époque dont il a dressé le bilan. Bien entendu, sa traditionnelle conférence de presse annuelle aura lieu dans quelques jours. Mais son format reste tout de même assez informel. Elle comportera bien plus de commentaires, d’éclaircissements, de notes et de références. En un mot, elle sera plus subjective, plus personnelle. Alors que le point “officiel” a, lui, déjà été mis.
Le discours de Vladimir Poutine était empreint de nombreuses émotions, ce qui n’est guère étonnant, étant donné qu’il a rendu compte de son activité non seulement devant ses collègues et collaborateurs, mais aussi et surtout face à lui-même.
Les huit années de présidence de Vladimir Poutine ont été une période de travail intense en vue de sortir le pays de la crise qu’il traversait. Vladimir Poutine a rappelé la situation dans laquelle se trouvait le pays avant son arrivée au pouvoir, et il n’y est pas allé de main morte. Pour parler objectivement, la situation dans le pays était alors très difficile. Par conséquent, Vladimir Poutine peut avoir des raisons d’être fier. D’immenses succès ont été enregistrés dans l’économie, le renforcement du système politique et le domaine social. C’est pourquoi le président sortant a consacré une bonne partie de son discours à énumérer des acquis.
Mais, malgré les succès incontestables (effectivement impressionnants), Vladimir Poutine a invité le pouvoir à l’autocritique. Le pouvoir, a-t-il dit, doit être fier des acquis obtenus, mais il ne doit en aucun cas s’en glorifier.
Vladimir Poutine comprend parfaitement que se borner à conserver ce qui a déjà été fait, c’est-à-dire à une voie de développement inertielle, peut s’avérer non seulement dangereux, mais aussi néfaste pour le
pays qui pourrait se retrouver en marge de la civilisation mondiale en se complaisant dans son statut de fournisseur de matières premières aux pays développés. Autrement dit, tous ses efforts déployés pour que la Russie retrouve sa place parmi les leaders mondiaux peuvent s’avérer vains, si la stabilité actuelle (il n’a employé ce mot qu’une seule fois dans son discours) se transforme en stagnation et ne devient pas un véritable tremplin pour un nouveau bond en avant.
Vladimir Poutine a mentionné le principal problème de l’économie russe: son extrême inefficacité, liée à une productivité du travail extrêmement basse.
Comment se fait-il qu’un pays s’enrichisse et prospère malgré une économie aussi inefficace? Vladimir Poutine n’a pas ressassé que la raison principale des taux élevés de croissance économique résidait dans les recettes importantes provenant des exportations de ressources énergétiques. Mais c’est ce qui ressort clairement de ses propos. La Russie a bien plus profité de la conjoncture, si avantageuse pour le pays, des prix des produits énergétiques que des talents et du savoir-faire de ses scientifiques, inventeurs, gestionnaires et ouvriers.
L’appel à réduire l’écart entre les riches et les pauvres, qui a atteint un point critique en Russie, a occu
pé une place importante dans l’allocution de Vladimir Poutine. Il s’agit aussi de l’écart entre régions riches et régions pauvres. Il faut assurer une égalité non pas formelle, mais réelle entre les entités de la Fédération de Russie, a expliqué le président. Le tableau hétérogène des tendances économiques et sociales – que présente l’ensemble des régions russes – est une chose très dangereuse.
Vladimir Poutine a reconnu que la réforme de l’économie avait été menée par le pouvoir de façon fragmentaire. C’est pourquoi il a posé comme principal objectif pour aujourd’hui et demain d’assurer une meilleure qualité de développement pour le pays et d’adopter une stratégie non pas d’inertie, mais d’innovation, reposant sur les hautes technologies les plus modernes.
Il convient d’ajouter que le caractère fragmentaire des réformes s’est manifesté, entre autres, dans le renforcement considérable (surtout ces dernières années) du rôle de l’Etat dans l’économie: formation d’immenses corporations publiques et renationalisation des actifs énergétiques. Chacun sait que l’Etat est un acteur inefficace en matière d’activité économique. On ne sait pas encore comment la politique économique actuelle pourra être compatible avec la stratégie d’innovation affichée (et si nécessaire à la Russie).
Selon lui, la priorité nationale est d’effectuer des investissements considérables dans le capital humain. Il a mis l’accent sur l’enseignement, la Santé publique et, enfin, l’élaboration d’un comportement innovateur (ce nouveau terme n’avait encore jamais été employé dans ses discours). Ce qui suppose, bien entendu, la lutte contre l’extension du paternalisme étatique et contre la mentalité d’assistanat qui persiste chez une partie considérable de nos citoyens. Il est certain que l’Etat ne doit pas se conduire comme un “conseil de sécurité” fédéral.
Vladimir Poutine a proposé de soumettre sa stratégie de développement du pays à une discussion publique, afin que les projets du pouvoir deviennent ceux du peuple. En outre, cette stratégie doit devenir une conception concrète et un plan d’action détaillé du gouvernement jusqu’en 2020.
La Russie a toutes les possibilités pour établir les projets les plus grandioses, les plus ambitieux. C’est par ces paroles que Vladimir Poutine a terminé son discours.Il est difficile de trouver quelqu’un pour s’opposer à ces projets. Mais tout dépend de la façon dont ils seront mis en oeuvre. Le fait est que l’idée d’une voie de développement fondée sur l’innovation n’est pas un concept nouveau: Vladimir Poutine en avait déjà parlé il y a un an et demi. Un an et demi après, la confusion règne autour du projet GLONASS. Par ailleurs, le terme “nano” donne trop souvent lieu à des plaisanteries…
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l’auteur.
Publié dans Politique | Laisser un commentaire »
L’ARABIE SAOUDITE SOUHAITE REMPLACER L’IRAN EN TANT QUE PARTENAIRE DE LA RUSSIE (KOMMERSANT)
Posté par Kris Roman le février 17, 2008
Le chef de la diplomatie saoudienne, Saoud al-Fayçal, a essayé jeudi de persuader le président russe, Vladimir Poutine, que le renforcement de l’Iran pourrait sérieusement déstabiliser la situation au Proche-Orient, note vendredi le quotidien Kommersant.En échange du gel des contacts russo-iraniens, Riyad promet de procéder à des achats massifs d’armement russe et de porter le volume des échanges bilatéraux à 50 milliards de dollars d’ici cinq ans.
La principale idée du plan de grande envergure des autorités saoudiennes visant à sauver le Proche-Orient de la “menace iranienne” consiste à ce que la Russie renonce à sa coopération avec Téhéran, en premier lieu au large partenariat actuel dans le secteur nucléaire ainsi que dans le domaine militaire et technique. Moscou devrait également cesser de défendre l’Iran contre la pression exercée sur Téhéran par l’Occident au Conseil de sécurité de l’ONU et au sein d’autres organisations internationales.
Ayant conscience qu’en acceptant ce plan, Moscou sera confronté à des dépenses relativement importantes sur le plan financier mais devra également faire des concessions sur le plan moral, les Saoudiens lui promettent en échange un cadeau tout simplement royal.
Selon les informations recueillies par le Kommersant, Riyad propose de prendre la place de Téhéran en tant que partenaire de la Russie dans le domaine militaire et technique. Ainsi, un contrat de livraison à l’Arabie Saoudite de plus de cent véhicules de combat BMP-3, pour un montant de quelque 200 millions de dollars, pourrait être signé avant a fin de l’année. En outre, il est prévu de conclure, également dans le courant de 2008, un contrat de livraison d’environ 150 chars T-90C, pour un montant de 600 millions de dollars. Des négociations préliminaires sont en cours sur l’achat de 161 hélicoptères de type Mi-17, Mi-35 et Mi-26, pour un montant total d’environ 1,6 milliard de dollars. Le projet saoudien de créer un système unifié de défense antiaérienne s’avère également prometteur pour l’industrie militaire russe. Riyad semble prêt à acheter la quasi-totalité des types de produits de ce genre, des missiles sol-air portables et missiles sol-air Pantsyr jusqu’aux missiles longue portée S-400.
Riyad n’a cependant pas l’intention de se limiter à des contrats militaires. Le royaume propose de fait à la Russie un partenariat économique stratégique. Le prince Saoud al-Fayçal a formulé à Moscou la proposition de conclure un important accord sur les grands axes du développement de la coopération bilatérale. Ce projet de document prévoit que les échanges commerciaux bilatéraux et le volume des investissements réciproques atteindront les 50 milliards de dollars d’ici cinq ans (en 2006, les échanges commerciaux russo-saoudiens atteignaient à peine 250 millions de dollars).
Le forum d’investissement avec la participation des plus grandes compagnies des deux pays, que les Saoudiens souhaiteraient organiser dans un avenir proche, devrait confirmer le sérieux de leurs intentions. En qualité de “bonus”, l’Arabie Saoudite se dit prête à retirer ses objections à l’adhésion de la Russie à l’OMC.
Publié dans Shanghai Cooperation Organization | Laisser un commentaire »